Histoire de la Maison Victoria
Une visite à pied sur la rue Saint-Raphaël dans le secteur Cap-à-l’Aigle à La Malbaie peut laisser au marcheur une sensation étrange. Il s’agit sans doute de l’une des belles artères de la région de Charlevoix avec un état de conservation du patrimoine bâti plutôt enviable et une quiétude accentuée depuis les années 1970 avec le passage de la route nationale en dehors de l’espace villageois. Or, on peut y contempler sur une distance d’à peine trois kilomètres un mélange pêle-mêle de genres et d’époques : quelques maisons ancestrales datant du début du 19e siècle, des bungalows des années 1960-1970, des cottages à l’allure plutôt austère, des bâtiments institutionnels relativement récents à l’avenir incertain, des maisons modernes avec vue sur le fleuve vendues à prix d’or et un joli assemblage de maisons à toit mansardé bien conservées devenues des gîtes ou des auberges.
En bref, la rue Saint-Raphaël sans posséder un patrimoine bâti exceptionnel par rapport à d’autres localités québécoises plus anciennes de la vallée du Saint-Laurent se démarque par certaines caractéristiques uniques, particulièrement la transformation des traditionnelles cuisines d’été en « maisons d’été » en lien avec l’activité touristique à partir de la deuxième partie du 19e siècle et un ensemble de cottages de villégiature sans volonté de séparation spatiale avec le milieu d’accueil.
Un trait architectural spécifique à Cap-à-l’Aigle est sans doute cette transformation de cette cuisine d’été en véritable « maison d’été » vers la fin du 19e siècle. Plusieurs familles pouvaient alors louer leur maison principale pendant 2 ou 3 mois à des villégiateurs et résider dans l’autre section. À noter que certaines de ces maisons sont aujourd’hui devenues des gîtes ou des auberges .
Maison Nazaire Duchesne : 726, rue Saint-Raphaël
Le 20 avril 1887, Joseph Duchesne, fils de Pierre, cède à son frère Nazaire, cultivateur et marchand, un emplacement sans bâtisse dessus construite. Il fait par la suite construire cette maison à toit mansardé, avec cuisine d’été. Le Murray Bay Atlas indique que la résidence accueillait des touristes et le télégraphe en 18951.
La maison est devenue la maison Victoria lorsque Mame Arlène Bowen en a fait l’acquisition en 1993 et l’opéra comme « bed and breakfast » et salon de thé jusqu’à la pandémie en 2020.
Les nouveaux propriétaires ont fait l’acquisition en octobre 2021 et feront la location touristique et des suites avec déjeuners continentales. Ils feront également des forfaits corporatifs ainsi que des mariages privés.
Une nouvelle salle à manger avec vue sur le fleuve avec une magnifique terrasse sur le toit sera construite en avril 2022.
La maison Victoria est ornée de fleurs et est considérée comme un oasis de paix où il est bon de s’y reposer dans un décor Victorien.
1.Société d’histoire de Charlevoix 16 Rapport architectural